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4月14日

Le mythe du Tibet----Michaël Parenti

Michaël Parenti

Un des meilleurs analystes de l'impérialisme US révèle les dessous du "mythe du Tibet", du Dalaï Lama et de certains aspects du bouddhisme... Comment vivait-on lorsque les moines dirigeaient le Tibet ? Quelle a vraiment été la politique de la Chine dans cette région ? Et celle de la CIA ?
L’histoire du Christianisme, celle du Judaïsme, celle de l'Hindouisme et celle de l'Islam sont fortement marquées par la violence. A travers les âges, les religieux ont toujours invoqué un mandat divin pour massacrer des infidèles, des hérétiques, et même d'autres dévots au sein de leurs propres rangs. Certaines personnes soutiennent que le Bouddhisme est différent, qu'il se distingue nettement de la violence chronique des autres religions. Certes, pour certains praticiens à l’Ouest, le Bouddhisme est plus une discipline spirituelle et psychologique qu'une théologie au sens habituel. Il offre des techniques méditatives censées promouvoir la lumière et l'harmonie en soi. Mais à l’instar de n’importe quel autre système de croyance, le Bouddhisme ne doit pas être appréhendé uniquement par ses enseignements, mais aussi en fonction du comportement effectif de ses partisans.


Le bouddhisme est-il une exception ?


Un regard sur l'histoire révèle que les organisations bouddhistes ne se sont pas abstenues d'actes violents si caractéristiques aux groupes religieux. Au Tibet, du début du dix-septième siècle jusqu’au sein du dix-huitième siècle, des sectes bouddhistes rivales se sont livrées à des affrontements armés et à des exécutions sommaires.1 Au vingtième siècle, en Thaïlande, en Birmanie, en Corée, au Japon, et ailleurs, des Bouddhistes se sont battus aussi bien entre eux qu’avec des non-bouddhistes. Au Sri Lanka, des batailles rangées au nom du Bouddhisme font partie de l'histoire cingalaise.2



Il y a juste quelques années en Corée du Sud, des milliers de moines de l'ordre bouddhiste Chogye se sont battus entre eux à grand renfort de coup de poings, de pierres, de bombes incendiaires et de gourdins, dans des batailles rangées qui ont duré plusieurs semaines. Ils rivalisaient pour le contrôle de l'ordre, le plus grand en Corée du Sud, avec un budget annuel de 9,2 millions de dollars, auquel il faut ajouter des millions de dollars en biens immobiliers ainsi que le privilège d’appointer 1.700 moines à des devoirs divers. Les bagarres ont en partie détruit les principaux sanctuaires bouddhistes et ont fait des dizaines de blessés parmi les moines, dont certains sérieusement. Le public coréen manifesta son dédain envers les deux camps, estimant que quelque soit la clique de moines qui prendrait le contrôle, "elle utiliserait les dons des fidèles pour acquérir des maisons luxueuses et des voitures onéreuses".3



Mais qu’en était-il du Dalaï-lama et du Tibet qu'il a présidé avant l'intervention chinoise en 1959 ? Il est largement répandu par beaucoup de dévots bouddhistes que l’ancien Tibet était un royaume consacré à la spiritualité, exempt de styles de vie égoïstes, de matérialisme vide et de vices corrupteurs qui infestent la société industrialisée moderne. Les mass media occidentaux, les livres de voyage, les romans et les films Hollywoodiens ont dépeint la théocratie tibétaine comme un véritable Shangri-La (paradis terrestre).



Le Dalaï-lama, lui-même, a affirmé que "l'influence pénétrante du Bouddhisme" au Tibet, "au milieu des espaces grand ouverts d'un environnement non corrompu a eu pour effet de produire une société consacrée à la paix et à l'harmonie. Nous jouissions de la liberté et du contentement."4 Une lecture de l'histoire du Tibet suggère une image différente. Au treizième siècle, l'Empereur Kublai Khan a créé le premier Grand Lama, qui devait présider tous les autres lamas à l'instar d'un pape qui préside ses évêques. Plusieurs siècles plus tard, l'Empereur de Chine a envoyé une armée au Tibet pour soutenir le Grand Lama, un homme ambitieux de 25 ans, qui s'est alors donné le titre de Dalaï (Océan) lama, dirigeant de tout le Tibet. C'est tout à fait une ironie de l’histoire : le premier Dalaï-lama a été installé par une armée chinoise.



Pour élever son autorité, le premier Dalaï-lama saisit les monastères qui n'appartenaient pas à sa secte et aurait détruit les écritures bouddhistes qui étaient en désaccord avec sa revendication à la divinité. Le Dalaï-lama qui lui a succédé a poursuivi une vie sybaritique, jouissant de la compagnie de beaucoup de maîtresses, faisant la fête avec des amis, et agissant entre autres façons considérées inconvenantes pour une divinité incarnée. Pour cela, il fut éliminé par ses prêtres. Durant 170 ans, malgré leur statut reconnu de dieu, cinq Dalaï-lama ont été assassinés par leurs grands prêtres ou par d'autres courtisans.5


Shangri-La (pour Seigneurs et Lamas)


Les religions ont eu un rapport étroit non seulement avec la violence mais aussi avec l'exploitation économique. En effet, c'est souvent l'exploitation économique qui nécessite la violence. Tel était le cas avec la théocratie tibétaine. Jusque 1959, quand le Dalaï-lama a fini de présider le Tibet, la plupart de la terre arable était toujours organisée en domaines seigneuriaux travaillés par des serfs. Même un auteur sympathisant du vieil ordre admet que "bon nombre de domaines ont appartenu aux monastères et la plupart d'entre eux ont amassé d’immenses richesses.... De plus, certains moines et lamas individuellement ont pu accumuler une grande richesse par la participation active dans le commerce et le prêt d'argent."6 Le monastère de Drepung était un des plus grands propriétaires terriens dans le monde, avec ses 185 manoirs, 25.000 serfs, 300 grands pâturages et 16.000 bergers. La richesse des monastères est allée aux lamas ayant le grade le plus élevé, beaucoup d'entre eux étant les rejetons de familles aristocratiques.



Les leaders séculiers firent aussi bien. Un exemple notable était le commandant en chef de l'armée tibétaine, qui possédait 4.000 kilomètres carrés de terre et 3.500 serfs. Il était aussi un membre du Cabinet intime du Dalaï-lama.7 Le vieux Tibet a été faussement représenté par certains de ses admirateurs Occidentaux comme "une nation qui n'a exigé aucune police parce que ses gens ont volontairement observé les lois du karma."8 En fait, il avait une armée professionnelle, bien que petite, qui a servi comme une gendarmerie en faveur des propriétaires pour maintenir l'ordre et traquer des serfs fugitifs.



De jeunes garçons tibétains ont été régulièrement enlevés à leurs familles et emmenés dans les monastères pour être formés comme moines. Une fois là, ils étaient internés à vie. Tashì-Tsering, un moine, rapporte qu’il était courant que des enfants de paysans soient sexuellement maltraités dans les monastères. Lui-même était une victime de viol répété à partir de l’âge de neuf ans.9 Les domaines monastiques enrôlèrent de force des enfants de paysans aux fins de servitude perpétuelle comme domestiques, danseurs et soldats.



Dans le vieux Tibet, il y avait un petit nombre de fermiers qui subsistaient comme une sorte de paysannerie libre, et, peut-être, en plus, 10.000 personnes qui composaient la classe moyenne constituée des familles de marchands, de commerçants et de petits négociants. Des milliers d'autres étaient des mendiants. Une petite minorité était des esclaves, la plupart du temps des domestiques qui ne possédaient rien. Leur descendance naissait dans l'esclavage.10 La plus grande partie de la population rurale - environ 700.000 sur une population totale évaluée à 1.250.000 - était des serfs. Les serfs et d'autres paysans vivaient généralement un peu mieux que les esclaves. Ils n’avaient pas de scolarité ni de soins médicaux. Ils passaient la plupart de leur temps à peiner pour les lamas de haut rang, ou pour une aristocratie foncière séculière. Leurs maîtres leur disaient quelle culture produire et quels animaux élever. Ils ne pouvaient pas se marier sans le consentement de leur seigneur ou lama. Et ils pouvaient facilement être séparé de leur famille s’il plaisait au propriétaire de les envoyer travailler dans un endroit éloigné.11



Une femme de 22 ans, elle-même une serve fugitive rapporte : "De jolies filles de serfs étaient habituellement emmenées par le propriétaire comme domestiques de maison et utilisées comme il le souhaitait". Elles "étaient juste des esclaves sans droits".12 Les serfs devaient avoir une permission pour tous leurs déplacements. Les propriétaires terriens avaient l'autorité légale pour capturer ceux qui essayaient de fuir. Un serf fugitif de 24 ans a accueilli l'intervention chinoise comme "une libération". Il affirmait que pendant le temps où il était un serf, il était soumis à un travail dur incessant, à la faim et au froid, incapable de lire ou d'écrire et ne sachant rien du tout. Après sa troisième tentative de fuite ratée, il fût impitoyablement battu par les hommes du propriétaire terrien jusqu’à ce que le sang lui coule du nez et de la bouche ; puis, ils ont versé de l'alcool et de la soude caustique sur les blessures pour augmenter la douleur.13



Les serfs étaient dans l’obligation de travailler à vie la terre du seigneur - ou la terre du monastère - sans être payés, de réparer les maisons du seigneur, de transporter sa récolte et de rassembler son bois de chauffage. Ils étaient aussi supposés fournir les animaux de transport et le transport sur demande.14 Ils étaient taxés sur le mariage, taxé sur la naissance de chaque enfant et sur chaque mort dans la famille. Ils étaient taxés sur la plantation d’un nouvel arbre dans leur terrain et sur la possession d’animaux. Il y avait des impôts pour les festivals religieux, pour le chant, la danse, le tambourinage et la sonnerie de cloche. Les gens étaient taxés quand ils étaient envoyés en prison et quand ils en sortaient. Ceux qui ne pouvaient pas trouver de travail étaient taxés pour être sans emploi et s'ils allaient dans un autre village à la recherche de travail, ils devaient payer un impôt de passage. Quand les gens ne pouvaient pas payer, les monastères leur prêtaient de l'argent à un taux d'intérêt de 20 à 50 pour cent. Certaines dettes étaient passées du père au fils et au petit-fils. Les débiteurs qui ne pouvaient pas honorer leurs obligations risquaient d’être réduits en esclavage, parfois pour le reste de leur vie.15



Les enseignements religieux de la théocratie soutenaient cet ordre de classe. Le pauvre et l’affligé apprenaient qu'ils devaient supporter leurs ennuis à cause de leurs mauvaises manières dans des vies précédentes. Donc, ils devaient accepter la misère de leur existence présente comme une rédemption karmique et en prévision de ce que leur sort s'améliorerait une fois réincarné. Le riche et le puissant, bien sûr, considéraient leur bonne fortune comme une récompense, et une preuve tangible de leur vertu dans les vies passées et présentes.


Torture et Mutilation


Au Tibet du Dalaï-lama, la torture et la mutilation - incluant l’énucléation, l’arrachage de la langue, le sectionnement du tendon du jarret et l’amputation - étaient des punitions favorites infligées aux serfs fugitifs et aux voleurs. En voyageant à travers le Tibet dans les années 1960, Stuart et Roma Gelder ont interviewé un ancien serf, Tsereh Wang Tuei, qui avait volé deux moutons appartenant à un monastère. Pour cela, il a eu les yeux énucléés et la main mutilée afin de ne plus pouvoir l’utiliser. Il explique qu'il n'est plus un Bouddhiste : "quand un saint lama leur a dit de m'aveugler, j'ai pensé qu'il n’y avait rien de bon dans la religion".16 . Bien qu’il était contraire aux enseignements bouddhistes de prendre la vie humaine, quelques contrevenants étaient sévèrement fouettés et ensuite "abandonnés à Dieu" dans la nuit glaciale pour y mourir. "Les parallèles entre le Tibet et l'Europe médiévale sont saisissantes", conclut Tom Grunfeld dans son livre sur le Tibet.17



En 1959, Anna Louise Strong a visité une exposition d'équipement de torture qui avait été utilisé par les suzerains tibétains. Il y avait des menottes de toutes les tailles, y compris de petites pour des enfants, et des instruments pour couper le nez et les oreilles, pour énucléer les yeux et pour briser les mains. Il y avait des instruments pour couper les rotules et les talons, ou paralyser les jambes. Il y avait des fers chauds, des fouets et des instruments spéciaux pour éviscérer.18



L'exposition a présenté des photographies et les témoignages des victimes qui avaient été aveuglées ou estropiées ou subi des amputations pour raison de vol. Il y avait le berger dont le maître lui devait un remboursement en yuan et du blé, mais a refusé de payer. Alors, il a pris une des vaches du maître ; pour cela, il eut les mains coupées. Un autre berger qui s'est opposé à ce que sa femme lui soit prise par son seigneur a eu les mains broyées. Il y avait les images d’activistes communistes dont le nez et la lèvre supérieure ont été coupées et celles d’une femme qui a été violée, et puis, dont le nez a été coupé en tranches.19



D’anciens visiteurs du Tibet commentent le despotisme théocratique. En 1895, un anglais, le docteur A. L. Waddell, a écrit que la population était sous la "tyrannie intolérable de moines" et les superstitions diaboliques qu’ils avaient fabriquées pour terroriser les gens. En 1904, Perceval Landon a décrit l'autorité du Dalaï-lama comme "une machine d'oppression". À peu près au même moment, un autre voyageur anglais, le Capitaine W.F.T. O'Connor, a observé que "les grands propriétaires terriens et les prêtres .. exercent chacun dans leur domaine respectif un pouvoir despotique sans aucun appel", tandis que les gens sont "opprimés par une fabrique de prêtres et de monachisme des plus monstrueuses". Les dirigeants tibétains ont "inventé des légendes dégradantes et ont stimulé un esprit de superstition" parmi le peuple. En 1937, un autre visiteur, Spencer Chapman, a écrit, "le moine lamaïste ne passe pas son temps à administrer les gens ou à les éduquer…. Le mendiant sur le bord de la route n'est rien pour le moine. La connaissance est la prérogative jalousement gardée des monastères et est utilisée pour augmenter leur influence et leur richesse."20


Occupation et révolte


Les communistes chinois ont occupé le Tibet en 1951, revendiquant la souveraineté sur ce pays. Le traité de 1951 prévoyait l'autonomie apparente sous l'autorité du Dalaï-lama, mais confiait à la Chine le contrôle militaire et le droit exclusif de conduire les relations avec l'étranger. Les Chinois disposaient aussi d’un rôle direct dans l'administration interne "pour promouvoir des réformes sociales". D'abord, ils réformèrent lentement, comptant surtout sur la persuasion comme tentative pour effectuer le changement. Parmi les premières réformes qu’ils ont appliquées, il y avait la réduction des taux d'intérêt usuraires et la construction de quelques hôpitaux et de routes. "Contrairement à la croyance populaire à l'Ouest", écrit un observateur, les Chinois "prirent soin de montrer du respect pour la culture et la religion tibétaines". Aucune propriété aristocratique ou monastique n'a été confisquée, et les seigneurs féodaux continuèrent à régner sur les paysans qui leur étaient héréditairement attachés."21



Les seigneurs et les lamas tibétains avaient vu les Chinois aller et venir au cours des siècles et avaient joui de bonnes relations avec le Generalissimo Chiang Kaishek et son pouvoir réactionnaire sur la Chine avec le Kuomintang.22 L'approbation du gouvernement Kuomintang était nécessaire pour valider le choix du Dalaï-lama et du Panchen Lama. Quand le jeune Dalaï-lama a été installé à Lhassa, c’était avec une escorte armée des troupes chinoises et un ministre chinois conformément à la tradition vieille de plusieurs siècles. Ce qui contrariait les seigneurs et lamas tibétains, c’était que ces derniers chinois étaient des communistes. C'était seulement une question de temps, ils en étaient sûrs, avant que les Communistes ne commencent à imposer leurs solutions collectivistes égalitaires au Tibet.



En 1956-57, des bandes armées tibétaines tendirent une embuscade à des convois de l'Armée Populaire de Libération chinoise. Le soulèvement reçut un appui important de la Central Intelligence Agency américaine (C.I.A.), comprenant un entraînement militaire, des camps d'appui au Népal et de nombreux ponts aériens.23 Pendant ce temps, aux Etats-Unis, la Société américaine pour une Asie libre, un front de la C.I.A., avait énergiquement fait la publicité de la cause de la résistance tibétaine avec le frère aîné du Dalaï-lama, Thubtan Norbu, qui jouât un rôle actif dans ce groupe. Le second frère aîné du Dalaï-lama, Gyalo Thondup, mis sur pied une opération de renseignements avec la C.I.A. en 1951. Il remit ça plus tard dans une unité de guérilla entraînée par la C.I.A. dont les recrues furent parachutées à nouveau au Tibet.24



Beaucoup de commandos et d’agents tibétains que la C.I.A. avait déposé dans le pays étaient les chefs de clans aristocratiques ou les fils des chefs. Pour nonante pour cent d'entre eux, on n'en entendit jamais plus parler, selon un rapport de la C.I.A. elle-même, signifiant en cela qu’ils avaient probablement étaient capturés ou tués.25 "Beaucoup de lamas et de membres séculiers de l'élite et le gros de l'armée tibétaine ont rejoint le soulèvement, mais, en général, la population ne l'a pas fait, ce qui entraîna son échec", écrit Hugh Deane.26 Dans leur livre sur le Tibet, Ginsburg et Mathos arrivent à une conclusion semblable : "Autant qu'il peut être vérifié, la plupart du peuple de Lhassa et de la campagne attenante ne rejoignis pas le combat contre les Chinois, aussi bien quand il commença qu’au cours de son déroulement."27 Finalement, la résistance s’effondra.


Les communistes entrent


Quels que furent les maux et les nouvelles oppressions introduits par les chinois au Tibet après 1959, ils ont supprimé l'esclavage et le système de servage de travail impayé et mirent un terme aux flagellations, aux mutilations et aux amputations comme méthodes de sanctions criminelles. Ils ont éliminé les nombreux impôts écrasants, commencé des projets de grands travaux et ont énormément réduit le chômage et la mendicité. Ils ont instauré l'éducation laïque, brisant ainsi le monopole de l'éducation des monastères. Ils ont mis en place la distribution d'eau courante et d'électricité dans Lhassa.28



Heinrich Harrer (il fut ultérieurement révélé que Harrer avait été un sergent dans les SS d'Hitler) a écrit un best-seller racontant ses expériences au Tibet et qui a été montré dans un film populaire de Hollywood. Il rapporta que les Tibétains qui ont résisté aux Chinois "étaient principalement les nobles, les semi-nobles et les lamas ; ils ont été punis en étant contraint de devoir exécuter les tâches les plus humbles, comme travailler sur des routes et des ponts. Ils furent encore plus humiliés par le fait de devoir nettoyer la ville avant l’arrivée des touristes". Ils ont aussi dû vivre dans un camp à l'origine réservé aux mendiants et aux vagabonds.29



En 1961, les Chinois ont exproprié les propriétés foncières tenues par les seigneurs et les lamas et ont réorganisé les paysans en centaines de communes. Ils distribuèrent des centaines de milliers d'acres à des fermiers locataires et à des paysans sans terre. Les troupeaux qui appartenaient auparavant à la noblesse ont été rendu à des collectifs de bergers pauvres. Des améliorations ont été faites dans la reproduction du bétail et des nouvelles variétés de légumes et des nouvelles souches de blé et d'orge ont été introduites ; avec des améliorations en matière d'irrigation, tout cela aurait mené à une augmentation de la production agraire.30



Beaucoup de paysans sont restés aussi religieux qu’avant, donnant l'aumône au clergé. Mais les nombreux moines qui avaient été enrôlés de force dans les ordres religieux quand ils étaient enfants étaient maintenant libres de renoncer à la vie monastique, ce que des milliers ont fait, particulièrement les plus jeunes. Le clergé restant a vécu sur des bourses modestes dispensées par le gouvernement et sur le revenu supplémentaire gagné en officiant des services de prière, des mariages et des obsèques.31



Tant le Dalaï-lama que son conseiller et frère le plus jeune, Tendzin Choegyal, ont prétendu que "plus de 1,2 millions de Tibétains sont morts en conséquence de l'occupation chinoise."32 Mais le recensement officiel de 1953 - six ans avant les sévères mesures chinoises - a enregistré la population entière résidant au Tibet au nombre de 1.274.000.33 D'autres comptes de recensement évaluent la population tibétaine ethnique dans le pays à environ deux millions. Si les Chinois avaient tué 1,2 millions de Tibétains au début des années 1960, alors des villes entières et d’importantes parties de la campagne, en fait presque tout le Tibet, auraient été dépeuplé, transformé en un champ de batailles parsemé de camps de la mort et de charniers - dont nous n'avons vu aucune preuve. Les minces forces armées chinoises présentes au Tibet n'étaient pas assez importantes pour regrouper, pourchasser et exterminer autant de personnes même si elles y avaient consacré tout leur temps en ne faisant rien d'autre.



Les autorités chinoises reconnaissent "des erreurs", particulièrement pendant la Révolution Culturelle en 1966-76 quand la persécution religieuse a atteint une haute vague tant en Chine qu'au Tibet. Après le soulèvement à la fin des années 1950, des milliers de Tibétains ont été incarcérés. Pendant le Grand bond en avant, la collectivisation obligatoire et l'agriculture de grain ont été imposées à la paysannerie, parfois avec un effet désastreux. À la fin des années 1970, la Chine a commencé à relâcher le contrôle sur le Tibet "et a essayé de réparer certains des dégâts provoqué pendant les deux décennies précédentes."34



En 1980, le gouvernement chinois a amorcé des réformes censément conçues pour accorder au Tibet un degré plus grand d'autonomie et d'auto-administration. Les Tibétains seraient dès lors autorisé à cultiver des parcelles privées, à vendre leurs surplus de moisson, à décider eux-mêmes quel produit cultiver et à garder des yaks et des moutons. La communication avec le monde extérieur était de nouveau permise et les contrôles aux frontières furent facilités pour permettre aux Tibétains de visiter des parents exilés en Inde et au Népal.35



Dans les années 1990, les Hans, le plus grand groupe ethnique comprenant plus de 95 pour cent de la population énorme de la Chine, ont commencé à se déplacer en nombre substantiel au Tibet et dans diverses provinces occidentales. Dans les rues de Lhassa et de Shigatse, les signes de la prééminence han sont aisément visibles. Les Chinois dirigent les usines et beaucoup des magasins et des stands de vente. De grands immeubles de bureaux et de grands centres commerciaux ont été construits avec des fonds qui auraient été mieux dépensés pour des usines de traitement d'eau et des logements. Les cadres chinois au Tibet ont souvent considéré leurs voisins tibétains comme arriérés et paresseux, ayant besoin d'un développement économique et d'une "éducation patriotique". Pendant les années 1990, des employés du gouvernement tibétain soupçonnés d'entretenir des sympathies nationalistes ont été licenciés et des campagnes ont été lancées pour discréditer le Dalaï-lama. Des Tibétains ont, selon certaines sources, été arrêtés, emprisonnés et soumis au travail obligatoire pour avoir mené des activités séparatistes et s'être engagé dans "la subversion" politique. Certaines des personnes appréhendées ont été retenues en détention administrative sans eau et alimentation adéquates, sans couvertures, sujettes à des menaces, des coups et d'autres mauvais traitements.36



Les règlements de planning familial chinois permettent une limite de trois enfants par familles tibétaines. (Pendant des années, les familles hans étaient soumises à la limite de l’enfant unique) Si un couple dépasse la limite, les enfants en excès peuvent être interdits d'accès à la garderie subventionnée, aux services médicaux, au logement et à l'éducation. Ces pénalités ont été appliquées de manière irrégulière et varièrent selon le district. Par ailleurs, l'histoire, la culture et la religion tibétaines sont négligées dans les écoles. Les matériels pédagogiques, quoique traduits en tibétain, se concentrent sur l'histoire et la culture chinoises.37


Élites, émigrés et la C.I.A.


Pour les lamas et les seigneurs riches, l'intervention communiste était une calamité. La plupart d'entre eux se sont enfuis à l'étranger, ainsi fît le Dalaï-lama lui-même, qui a été aidé dans sa fuite par la C.I.A. Certains ont découvert avec horreur qu'ils devraient travailler pour vivre. Pourtant, pendant les années 1960, la communauté tibétaine en exil a secrètement empoché 1,7 millions de $ par an provenant de la C.I.A. selon des documents rendus publics par le Département d'Etat en 1998. Une fois que ce fait a été rendu public, l'organisation du Dalaï-lama lui-même a publié une déclaration admettant qu'il avait reçu des millions de dollars de la C.I.A. pendant les années 1960 pour envoyer des escadrons armés d'exilés au Tibet pour saper la révolution maoïste. Le revenu annuel du Dalaï-lama dispensé par le C.I.A. était de 186.000 $. Les services secrets indiens l'ont aussi financé ainsi que d'autres exilés tibétains. Il a refusé de dire si lui ou ses frères travaillaient pour la C.I.A. L'agence s’est aussi abstenue de faire des commentaires.38



En 1995, le News & Observer de Raleigh en Caroline du Nord, a publié en couverture une photographie couleur montrant le Dalaï-lama recevant l’accolade du sénateur Républicain réactionnaire Jesse Helms, sous le titre "le Bouddhiste fascine le Héros des droits religieux".39 En avril 1999, avec Margareth Thatcher, le Pape Jean Paul II et George Bush premier, le Dalaï-lama a lancé un appel au gouvernement britannique afin qu'il libère Augusto Pinochet, l'ancien dictateur fasciste du Chili et un client de longue date de la C.I.A. et qui avait été appréhendé alors qu'il était en visite en Angleterre. Il a vivement recommandé que Pinochet ne soit pas forcé d'aller en Espagne où il était requis par un juge espagnol pour passer en justice pour des crimes contre l'humanité.



Aujourd'hui, surtout via la National Endowment for Democracy (NED) et d'autres canaux qui sonnent plus respectablement que la C.I.A., le Congrès US continue d'allouer 2 millions de $ par an aux Tibétains en Inde, plus quelques millions complémentaires pour "des activités démocratiques" dans la communauté d'exil tibétaine. Le Dalaï-lama obtient aussi de l'argent du financier George Soros, qui dirige Radio Free Europe/Radio Liberty, la radio créée par la C.I.A., ainsi que d'autres instituts.40


La question de la culture


On nous a dit que quand le Dalaï-lama gouvernait le Tibet, le peuple vivait dans une symbiose satisfaisante et tranquille avec leurs seigneurs monastiques et séculiers, selon un ordre social fondé sur une culture profondément spirituelle et non violente inspirée par des enseignements religieux humains et pacifiques. La culture religieuse tibétaine était le ciment social et le baume réconfortant qui maintenaient les lamas riches et les paysans pauvres liés spirituellement et … pour soutenir ces prosélytes qui considèrent le vieux Tibet comme un modèle de pureté culturelle, un paradis terrestre.



On peut se rappeler les images idéalisées de l'Europe féodale présentées par des catholiques conservateurs contemporains comme G. K. Chesterton et Hilaire Belloc. Pour eux, la chrétienté médiévale était un monde de paysans satisfaits vivant dans un lien spirituel profond avec leur Église, sous la protection de leurs seigneurs.41 A nouveau, nous sommes invités à accepter une culture particulière selon ses propres canons, qui signifie l'accepter tel qu'elle est présentée par sa classe privilégiée, par ceux du sommet qui en ont profité le plus. L'image du Shangri-La du Tibet n'a pas plus de ressemblance avec la réalité historique que ne l'a l'image idéalisée de l'Europe médiévale.



Quand il est vu dans toute son effroyable réalité, le vieux Tibet confirme que la culture n’est absolument pas neutre. La culture peut faire office de couverture de légitimation à une foule de graves injustices, bénéficiant à une portion de la population d’une société au grave détriment d’autres segments de cette population. Dans le Tibet théocratique, les intérêts dominants manipulaient la culture traditionnelle pour consolider leur richesse et leur pouvoir. La théocratie assimilait les pensées et les actions rebelles à des influences sataniques. Elle propageait la supposition générale de la supériorité du seigneur et de l’infériorité du paysan. Le riche était représenté comme méritant sa belle vie et le pauvre comme méritant sa misérable existence, le tout codifié en enseignements à propos de la succession karmique des vertus et des vices issus de vies passées et présenté comme l’expression de la volonté de Dieu.



Il pourrait être dit que nous, citoyens du monde laïc moderne, ne pouvons pas saisir les équations du bonheur et de la douleur, le contentement et la coutume qui caractérisent des sociétés plus traditionnellement spirituelles. Cela peut être vrai et cela peut expliquer pourquoi certains d'entre nous idéalisent de telles sociétés. Mais tout de même, un œil énucléé est un œil énucléé, une flagellation est une flagellation, et l'exploitation oppressante des serfs et des esclaves est toujours une injustice de classe brutale quels que soient ses emballages culturels. Il y a une différence entre un lien spirituel et un esclavage humain, même quand tous les deux existent côte à côte.



Bon nombre de Tibétains ordinaires souhaitent le retour du Dalaï-lama dans leur pays mais il apparaît que relativement peu souhaite un retour à l’ordre ancien qu’il représente. Une histoire publiée en 1999 dans le "Washington Post" note qu’il continue à être révéré au Tibet, mais …



... peu de Tibétains accueilleraient un retour des clans aristocratiques corrompus qui se sont enfuis avec lui en 1959, et cela comprend la plus grande partie de ses conseillers. Beaucoup de fermiers tibétains, par exemple, n'ont aucun intérêt à recéder la terre qu'ils ont gagnée pendant la réforme agraire que la Chine a imposée aux clans. Les anciens esclaves du Tibet disent qu'ils, eux aussi, ne veulent pas que leurs anciens maîtres reviennent au pouvoir.

"J'ai déjà vécu cette vie une fois auparavant", a dit Wangchuk, un ancien esclave de 67 ans qui portait ses meilleurs vêtements pour son pèlerinage annuel vers Shigatse, un des sites les plus saints du Bouddhisme tibétain. Il a dit qu'il vénérait le Dalaï-lama, mais a ajouté, "je ne peux pas être libre sous le communisme chinois, mais je suis dans de meilleures conditions que quand j'étais un esclave."42



Kim Lewis qui a étudié les méthodes de guérison avec un moine bouddhiste à Berkeley en Californie a eu l’occasion de parler longuement avec plus d’une dizaine de femmes tibétaines qui vivaient dans le bâtiment du moine. Quand elle demanda comment elles se sentaient à l’idée de retourner dans leur pays d’origine, le sentiment était unanimement négatif. Au début, Lewis pensait que leur répugnance avait un rapport avec l’occupation chinoise mais elles l’informèrent vite qu’il en était tout autrement. Elles dirent qu’elles étaient extrêmement reconnaissante "de ne pas avoir du se marier à 4 ou 5 hommes, de ne pas devoir être enceinte presque tout le temps", ou de devoir supporter des maladies sexuellement transmissibles contractées par un mari errant. Les plus jeunes femmes "étaient enchantées de recevoir une éducation et ne voulaient absolument rien à voir avec une quelconque religion, et se demandaient pourquoi les Américains étaient si naïfs". Elles racontèrent les histoires des épreuves de leur grand-mère avec des moines qui les utilisaient comme "épouses de sagesse", leur disant "qu’elles gagneraient énormément de mérites en fournissant les ‘moyens de l’éblouissement’ – après tout, Buddha avait besoin d’être avec une femme pour atteindre l’illumination".



Les femmes interviewées par Lewis parlèrent avec amertume au sujet de la confiscation de leurs jeunes garçons par les monastères au Tibet. Quand un enfant criait après sa mère, il lui était dit "Pourquoi la réclames-tu, elle t’a abandonné – elle est juste une femme." Parmi les autres problèmes, il y avait notamment "l’homosexualité endémique dans la secte Gelugpa. Tout n’était pas parfait au Shangri-la", opine Lewis."43



Les moines qui ont obtenu l’asile politique en Californie ont fait une demande pour obtenir la sécurité sociale. Lewis, elle-même une partisane pendant un temps, les a aidé pour les documents administratifs. Elle observe qu’ils continuent à recevoir des chèques de la sécurité sociale d’un montant de 550 à 700 dollars par mois avec Medicare et MediCal. En plus, les moines résident sans payer de loyer dans d’agréables appartements équipés. "Ils ne paient aucune charge, ils ont l’accès gratuit à internet avec des ordinateurs mis à leur disposition, ainsi que des fax, des téléphones fixes et portables et la télévision câblée." En plus, ils reçoivent un traitement mensuel de leur ordre. Et le centre dharma prend une collection spéciale de ses membres (tous américains), distinct de leurs devoirs de membres. Certains membres effectuent avec passion les tâches ménagères pour les moines, notamment les courses chez l’épicier, l’entretien de leurs appartements et leurs toilettes. Ces même saints hommes "ne voient aucun problème à critiquer l’obsession des Américains pour les choses matérielles".44



Soutenir le renversement de la vieille théocratie féodale par la Chine ne signifie pas applaudir à tout ce que fait l'autorité chinoise au Tibet. Ce point est rarement compris par les adhérents du Shangri-La aujourd'hui à l'Ouest.



L'inverse est aussi vrai. Dénoncer l'occupation chinoise ne signifie pas que nous devons idéaliser l'ancien régime féodal. Une complainte commune parmi les prosélytes bouddhistes à l'Ouest est que la culture religieuse du Tibet est sapée par l’occupation. Cela semble vraiment être le cas. Nombre de monastères sont fermés et la théocratie est passée dans l’histoire. Ce que je mets en doute ici est la nature soi-disant admirable et essentiellement spirituelle de cette culture d'avant l'invasion. En bref, nous pouvons préconiser la liberté religieuse et l'indépendance pour le Tibet sans devoir embrasser la mythologie d'un Paradis Perdu.



Finalement, il devrait être noté que la critique posée ici ne doit pas être considérée comme une attaque personnelle contre le Dalaï-lama. Quel que soit ses associations passées avec la C.I.A. et certains réactionnaires, il parle souvent de paix, d'amour et de non-violence. Et il ne peut lui-même être réellement blâmé pour les abus de l’ancien régime, n’ayant que 15 ans quand il s’enfuit en exil. En 1994, dans une interview avec Melvyn Goldstein, il dit en privé qu'il était depuis sa jeunesse en faveur de la construction d'écoles, "de machines" et de routes dans son pays. Il prétend qu'il pensait que la corvée (travail forcé non payé d’un serf au profit du seigneur) et certains impôts imposés aux paysans étaient "extrêmement mauvais". Et il n'aimait pas la façon dont les gens étaient surchargés avec des vieilles dettes parfois transmises de génération en génération.45 En outre, il propose maintenant la démocratie pour le Tibet, caractérisée par une constitution écrite, une assemblée représentative et d'autres attributs démocratiques essentiels.46



En 1996, le Dalaï-lama a fait un communiqué qui a du avoir un effet dérangeant dans la communauté en exil. Il dit en partie ceci :



De toutes les théories économiques modernes, le système économique marxiste est fondé sur des principes moraux, tandis que le capitalisme n’est fondé que sur le gain et la rentabilité. Le marxisme est basé sur la distribution de la richesse sur une base égale et sur l'utilisation équitable des moyens de production. Il est aussi concerné par le destin des travailleurs - qui sont la majorité - aussi bien que par le destin d'entre ceux qui sont défavorisés et dans le besoin, et le marxisme se soucie des victimes de minorités exploitées. Pour ces raisons, le système m'interpelle et il semble juste ... Je me considère moi-même comme demi-marxiste et demi-bouddhiste.47



Et plus récemment, en 2001, en visitant la Californie, il a fait remarquer que "le Tibet, matériellement, est très, très en arrière. Spirituellement, il est tout assez riche. Mais la spiritualité ne peut pas remplir nos estomacs."48 Voici un message qui devrait être pris en compte par les prosélytes bouddhistes bien alimentés en Occident qui dissertent avec nostalgie sur le vieux Tibet.



Ce que j'ai essayé de défier, ce sont le mythe du Tibet, l'image du Paradis perdu d'un ordre social qui, en fait, n’était rien de plus qu'une théocratie rétrograde de servage et de pauvreté, où une minorité privilégiée vivait richement et puissamment au prix du sang, de la sueur et des larmes de la majorité. On est loin du Shangri-la.




Notes :

1. Melvyn C. Goldstein, The Snow Lion and the Dragon : China, Tibet, and the Dalai Lama (Berkeley : University of California Press, 1995), 6-16.

2. Mark Juergensmeyer, Terror in the Mind of God, (Berkeley : University of California Press, 2000), 113.

3. Kyong-Hwa Seok, "Korean Monk Gangs Battle for Temple Turf", San Francisco Examiner, December 3, 1998.

4. Dalai Lama quoted in Donald Lopez Jr., Prisoners of Shangri-La : Tibetan Buddhism and the West (Chicago and London : Chicago University Press, 1998), 205.

5. Stuart Gelder and Roma Gelder, The Timely Rain : Travels in New Tibet (New York : Monthly Review Press, 1964), 119, 123.

6. Pradyumna P. Karan, The Changing Face of Tibet : The Impact of Chinese Communist Ideology on the Landscape (Lexington, Kentucky : University Press of Kentucky, 1976), 64.

7. Gelder and Gelder, The Timely Rain, 62 and 174.

8. As skeptically noted by Lopez, Prisoners of Shangri-La, 9.

9. Melvyn Goldstein, William Siebenschuh, and Tashì-Tsering, The Struggle for Modern Tibet : The Autobiography of Tashì-Tsering (Armonk, N.Y. : M.E. Sharpe, 1997).

10. Gelder and Gelder, The Timely Rain, 110.

11. Anna Louise Strong, Tibetan Interviews (Peking : New World Press, 1929), 15, 19-21, 24.

12. Quoted in Strong, Tibetan Interviews, 25.

13. Strong, Tibetan Interviews, 31.

14. Melvyn C. Goldstein, A History of Modern Tibet 1913-1951 (Berkeley : University of California Press, 1989), 5.

15. Gelder and Gelder, The Timely Rain, 175-176; and Strong, Tibetan Interviews, 25-26.

16. Gelder and Gelder, The Timely Rain, 113.

17. A. Tom Grunfeld, The Making of Modern Tibet rev. ed. (Armonk, N.Y. and London : 1996), 9 and 7-33 for a general discussion of feudal Tibet; see also Felix Greene, A Curtain of Ignorance (Garden City, N.Y. : Doubleday, 1961), 241-249; Goldstein, A History of Modern Tibet 1913-1951, 3-5; and Lopez, Prisoners of Shangri-La, passim.

18. Strong, Tibetan Interviews, 91-92.

19. Strong, Tibetan Interviews, 92-96.

20. Waddell, Landon, and O'Connor are quoted in Gelder and Gelder, The Timely Rain, 123-125.

21. Goldstein, The Snow Lion and the Dragon, 52.

22. Heinrich Harrer, Return to Tibet (New York : Schocken, 1985), 29.

23. See Kenneth Conboy and James Morrison, The CIA's Secret War in Tibet (Lawrence, Kansas : University of Kansas Press, 2002); and William Leary, "Secret Mission to Tibet", Air & Space, December 1997/January 1998.

24. On the CIA's links to the Dalai Lama and his family and entourage, see Loren Coleman, Tom Slick and the Search for the Yeti (London : Faber and Faber, 1989).

25. Leary, "Secret Mission to Tibet".

26. Hugh Deane, "The Cold War in Tibet", CovertAction Quarterly (Winter 1987).

27. George Ginsburg and Michael Mathos, Communist China and Tibet (1964), quoted in Deane, "The Cold War in Tibet". Deane notes that author Bina Roy reached a similar conclusion.

28. See Greene, A Curtain of Ignorance, 248 and passim; and Grunfeld, The Making of Modern Tibet, passim.

29. Harrer, Return to Tibet, 54.

30. Karan, The Changing Face of Tibet, 36-38, 41, 57-58; London Times, 4 July 1966.

31. Gelder and Gelder, The Timely Rain, 29 and 47-48.

32. Tendzin Choegyal, "The Truth about Tibet", Imprimis (publication of Hillsdale College, Michigan), April 1999.

33. Karan, The Changing Face of Tibet, 52-53.

34. Elaine Kurtenbach, Associate Press report, San Francisco Chronicle, 12 February 1998.

35. Goldstein, The Snow Lion and the Dragon, 47-48.

36. Report by the International Committee of Lawyers for Tibet, A Generation in Peril (Berkeley Calif. : 2001), passim.

37. International Committee of Lawyers for Tibet, A Generation in Peril, 66-68, 98.

38. Jim Mann, "CIA Gave Aid to Tibetan Exiles in '60s, Files Show", Los Angeles Times, 15 September 1998; and New York Times, 1 October, 1998; and Morrison, The CIA's Secret War in Tibet.

39. News & Observer, 6 September 1995, cited in Lopez, Prisoners of Shangri-La, 3.

40. Heather Cottin, "George Soros, Imperial Wizard", CovertAction Quarterly no. 74 (Fall 2002).

41. The Gelders draw this comparison, The Timely Rain, 64.

42. John Pomfret, "Tibet Caught in China's Web", Washington Post, 23 July 1999.

43. Kim Lewis, correspondence to me, 15 July 2004.

44. Kim Lewis, additional correspondence to me, 16 July 2004.

45. Goldstein, The Snow Lion and the Dragon, 51.

46. Tendzin Choegyal, "The Truth about Tibet."

47. The Dalai Lama in Marianne Dresser (ed.), Beyond Dogma : Dialogues and Discourses (Berkeley, Calif. : North Atlantic Books, 1996).

48. Quoted in San Francisco Chronicle, 17 May 2001.

about Tibet

LE TIBET ET LA CHINE – IL FAUT SAVOIR

I. Histoire

640 La princesse Wencheng de la Dynastie Tang mariée à Songtsen Gampo et le convertit avec la princesse népalaise Bhrikuti au bouddhisme – début du bouddhisme tibetain.
1229 L'empire Yuan (Mongol) crée le gouvernement local du Tibet.
1578 L'empreur Yuan (Mongol) Altan Khan donne le 1er titre « Dalaï Lama » à Sonam Gyatso, le 3e Dalaï Lama. Ce titre s'applique rétroactivement à ses deux prédécesseurs.
1904 Occupation anglaise et démêlée avec les Japonais et les Russes.
1949 Pétition de Phuntsok Wangyal réclamant une société moderne et démocratique.
1950 « Libération » du Tibet par l'Armée populaire de libération.
1959 réformes notamment l'abolition du servage
1965: Création de la « région autonome du Tibet »
1966 Révoution atteint le Tibet : interdiction de religions et destruction des monastères
1983 Réhabilitation de la religion et la politique de la liberté religieuse
2008 En mars, manifestations et émeutes à Lhassa et plusieurs autres villes, selon le gouvernement, 18 personnes ont été tuées. La force policière a été envoyée pour maintenir l'ordre.

II. Développement économique au Tibet
PIB en 1965 = 327 Millions et en 2003 = 18,46 Milliards de yuans
PIB par tête en 1965 = 241 yuans et en 2003 = 6874 yuans.
La ligne de train pékin-Lhassa inauguré le 1er juillet 2006

III. Culture et éducation
Avant 1950, il n'y avait pas d'école moderne, seulement 2% d'enfants entrait à l'école.95% de la population était illettrés.
En 2003, il comptait 1011 écoles avec 453, 000 élèves.91, 8% d'enfants sont été éduqués.
Le taux d'illettrisme a baissé jusqu'à moins de 30%.
Le gouvernement central a fondé des classes tibétaines dans 21 municipalités et provinces.
L'accès à l'enseignement supérieur et l'accès à la formation internationale reste très limité aux tibétains moyens. Cela est témoigné par la présence rarissime d'étudiants tibétains à Paris.


IV. Planning familial
Les tibétains au même titre que les autres ethnies minoritaires ne sont pas contraints par la politique de planning familial. Les Chinois vivant au Tibet sont appliqué au politique aux enfants uniques. Les fonctionnaires tibétains n'ont le droit qu'à deux enfants maximums.

V. Environnement
1/3 du territoire de la région autonome classé réserve naturelle.
11ème Assemblé nationale a désigna l'environnement comme la priorité et a initié le programme de Lhassa verte.


VI. Liberté de la presse en évolution
A partir du 1 janvier, un journaliste étranger peut interviewer tout établissement ou individu uniquement avec le consentement de l'interviewé. Cependant, la presse est contrôlée durant les émeutes à Lhassa.
4月5日

引摘:外国教授眼中的拉萨事件和西方媒体的“自由”

那时的西藏不是天堂,而是非人道的、独裁的地方!

    没落的中国清王朝对西藏的影响力越来越小。北方的俄罗斯帝国和南方的大英帝国对西藏越来越感兴趣。

    1903年,一支由杨哈思班(Younghusband)上校率领的英国远征军抵达拉萨。英国人战死4名士兵,却屠杀了超过700名试图阻止他们的西藏人。这些藏人当时的主要拦截手段仅仅是宗教魔法。英国人在拉萨建立了"商务代表处"。中国人将达赖喇嘛撤离到青海高原,在那里他的行动自由受到限制,也许这是为了防止他与英国占领者进行接触。

    1907年,芬兰民族英雄马歇尔·曼纳海姆(Marshal Mannerheim)在进行他著名的穿越中亚的马背之旅期间,拜访了达赖喇嘛。他当时是沙皇俄国军队的上校,他的旅行实际上是一次间谍行为。正因为如此,他才对13世达赖喇嘛产生兴趣。

    达赖喇嘛的权力逐渐削弱。1950年,解放军和平进入西藏。看来14世达赖喇嘛在初期之所以接受这个现实,仅仅是想将其作为维持自己神权独裁统治的保障。1954年,他奢侈地扩大和重建了夏宫罗布林卡(Norbulingka Summer Palace)。

    然而,中国政府已经决定要废除西藏残酷的神权独裁制度。在这种制度下,反对者们被从布达拉宫上扔下;边境对所有外来者关闭;仅有的学校都是宗教学校。大家都知道,对统治者来说,统治一个低文化水平、对外界一无所知的民族会更容易。在当时,西藏5%的人拥有全部财富,其他人几乎一无所有;约40%的人是僧侣,他们像寄生虫一样,需要其他人喂养。当时的西藏不是天堂!

    中国政府决定,应该赋予西藏人民与其他国人一样的权力和相同的社会地位。寺院不应再供养过多的僧侣。

    西藏以前只有一些羊肠小道与外界沟通,其他地方与外界隔绝。中国政府很快修建了用于交通的马路。西藏与世隔绝的状态被打破了。

    1959年,由于权力地位不断削弱,年轻的达赖喇嘛利用宗教发动了叛乱。这次叛乱最终被制止。达赖喇嘛和一些追随者离开西藏,逃到印度。在那里,他继续挑起事端,妄图重返西藏,恢复中国已不再允许的神权独裁统治。

    之后就是全中国都感到痛苦的十年文革时期,中国关上了国门。

    现在,拉萨有了现代化的机场和铁路。中国政府对西藏投入巨大。西藏人民的生活水平提高很多。上个圣诞节,我在海南岛看到一些西藏人在庆祝太阳节。我非常幸运地看到一些身着传统服饰的藏族老年妇女和她们的丈夫一起在沙滩上散步,藏族年轻人则穿得像其他年轻人一样,享受着沙滩生活。

    达赖喇嘛重新掌权的可能性降低了,他的人民不再跟随他。中印两国正在发展合作,密切友谊,印度以后必然不会为承认达赖喇嘛而破坏中印关系的发展。达赖喇嘛再进行反对中国的活动,不大可能得逞了。

    因此最近,当他看到有可能损害中国现有良好国际形象,煽动联合抵制北京奥运时,达赖喇嘛开始了全球游说活动。

    拉萨暴乱是精心准备的。一些制革工人非法跨越边境,去见达赖,以接受他的指令。一群外国登山者在边境拍摄到了一次不幸的意外。一名越境者被射杀,另一名在越境后公开宣称想要去见达赖喇嘛。我是在(去年)11月份,来中国之前,在电视里看到了这个节目。

    中国已经不是封闭的国家了。如果不是为了干非法勾当,没有必要非法越境。你只需要申请一本护照和必要的签证,就可以从边境站合法过境。或者采取更方便的方式,只需乘坐班机,从拉萨飞到加德满都就行了。

    拉萨那里没有和平示威,只有野蛮打砸。一些年轻人周密策划,在多个地点,在同一时间开始暴乱,以便使警察和消防队无所防备,无法同时奔赴多个地点。他们做到了!他们不分青红皂白,见东西就砸。所有能被打碎的东西在最短的时间里就被打烂。他们用汽油燃烧弹到处放火,焚烧停驶的汽车。18名普通市民和1名警察被无情杀害。这名警察已接到命令,不许武力反击,避免引发国际指责!

    当我看到电视上的暴乱画面时,我马上就明白了是怎么回事。暴乱的有组织性跟发生在法国的有组织暴乱一模一样。因为我在法国生活了21年,与法国保持密切联系达40多年(,因此可以看得出来)。它们之间唯一的区别是,在拉萨并没有多少普通群众加入到暴乱中。暴徒们的数量少的惊人,却很有组织性。中国在世界上的正面形象受到了损害。

    达赖喇嘛一贯做出一副友善和温和的父亲形象。这是个陈旧伎俩,希特勒和斯大林这些独裁者都曾用过。我并不是要拿他与他们做比较,但他在不惜一切,力图夺权时的所作所为就像一个恶魔。他从没有关心过人们的生活,没有考虑过这么做是否违背了佛教非暴力的原则。这是一次失败的政变。现在他却在呼吁国际社会,帮助阻止由他,他本人,一手策划的暴乱!

    2006年,当我访问西藏时,我吃惊于那里宽松的环境和拉萨街头寥寥无几的警察。我满眼看到的都是西藏人,而非汉人。环境非常安宁,人们生活幸福。那里没有令人压抑的感觉。我没有感受到在苏联非人性的制度垮台前,曾在苏联和及其卫星国所多次感受到的那种压抑。拉萨人非常友好,他们想与我攀谈,多数情况下由于我不懂汉语或藏语而无法沟通。但我不时可以遇到一些讲一点英语的藏人。我感到,他们希望与我攀谈的原因,只是出于对外国人正常的好奇心。

    我之前听说,在拉萨宗教受到压制,但我却看到宗教繁荣发展;我之前听说,太多汉人进入西藏,现在拉萨已没有几个藏人,但我却看到在那里藏人比汉人多得多。难道那些汉人都藏起来了?

    西方媒体宣称中国封锁消息,任何有关拉萨暴乱的消息都传不出去。我对这种明显违背事实的说法非常愤怒,无法忍受这些有关中国的不实报道。因此,尽管我不是记者,我还是撰写了这篇文章。我将这篇文章和另外两篇类似文章一道通过电子邮件传送给了三家西方报纸。它们均收到了我的邮件,但其中两家既没有给我回音,也没有刊登我的稿件,第三家回复我说,希望将我的稿件裁减,许多天后作为普通的'读者之声'刊发。与之相对照的是,它们每天都大量刊发达赖喇嘛的言论,真是形成了反中国的宣传阵势。而我所写的文章对这些'自由的媒体'来说显得对中国太过于友好了。(陈涛译)

  后记:文章中提到的那份报纸最终将作者的文章在"读者之声"栏目予以登载。该文发表后,作者收到很多来信,对他横加指责、出言侮辱。而他笑说"这真是一个认清真正朋友的机会,因为真朋友不会质疑你的话的真实性,而对非真正的朋友或敌人来说,再多的解释也无济于事。"

    当中国朋友表示担心他回国后安全时,他回答:"不用担心!他们也只能说些坏话而以!西藏永远是中国的一部分,尽管这个事实在1950年前被很多人忽视了。它以前是,现在仍然是中国的自治区。我很高兴有机会到了那里,修正了我的看法"。他表示,他现在唯一的愿望就是能让更多人,尤其是西方国家的人民了解中国和西藏的真实情况。

    附:作者原文

    The Riots in Lhasa

    by Eirik Granqvist, a foreign expert in Shanghai who visited Tibet in 2006

    "The western medias announced that China had cut all information and that articles about the riots could not be sent out! I got mad about all the apparently incorrect information and wrote this article and two other similar ones although I am not a journalist but just because I could not stand all the bad things about China that was told. I sent them by e-mail without problems and they arrived well but two newspapers did neither respond neither publish what I had written. The third answered and wanted a shorter version that was published many days later as a normal 'readers voice'. What Dalai Lama had said was largely published every day together with a real anti-China propaganda. What I had written was apparently too China friendly for the 'free press'."

    I was very shocked by what I had seen in the television and been reading in China daily about the riots in Lhasa. The most that shocked me was anyhow may be not the cruel events by themselves but how the medias in my country of origin, Finland, reported the events. A friend has scanned and sent me articles and I have checked also myself what can be found at Internet.

    Very few Finnish people have ever visited Tibet, but I was there together with my wife in 2006. This was private persons and not as a part of a group-travel. I have seen Lhasa with my own eyes. I have been talking and chatting with people there. This was without any restrictions. Okay, we had a lovely and very competent guide that helped us much and took us where we wanted to go in the mornings but in the afternoons we were alone. Therefore I think that I have something to tell.

    I am also interested in history and know more than people in general. When writing this, I do not have any reference books so I write out of my memory. If I do a small mistake somewhere, I beg your pardon. Anyhow, I think that this gives my writing an objectivity. I am well aware of that I will be accused for this and that for writing what I think is the truth. I will be accused by those who think that they know but do not know and by those that haven't seen by their own eyes.

    Tibet was for centuries an autonomous concordat between Nepal and China. Sometimes China ruled Nepal as well. The king of Tibet used therefore to have one Chinese wife and one Nepalese and then a number of Tibetan ones.

    With the fifth Dalai Lama, the religious and the political power were unified under the rule of one person, The Dalai Lama. Tibet became a theocratic dictatorship and closed itself for the rest of the world. No foreigners were anymore allowed in.

    At the end of the nineteenth century, the famous Swedish traveller Sven Hedin made an attempt to reach Lhasa but was sent politely back, out of Tibet by Dalai Lama.

    A French woman, Alexandra David-Néel was more successful. She visited Lhasa dressed as a Tibetan pilgrim and she was fluent in the Tibetan language. She told how she was afraid many times that she should be discovered and then she knew that she like other suspects or opponents should "happen to fall down" from the walls of the Potala palace.

    Tibet was not a paradise. Tibet was an inhuman dictatorship!

    The weakened Chinese Qing Dynasty had more and more lost its influence in Tibet. Tibet became more and more interesting for the Russian empire in the north and the British in the south.

    In 1903 a British army expedition directed by the colonel Younghusband reached Lhasa. The British lost 4 soldiers but slaughtered more the 700 Tibetans that tryed to stop them, mainly by magic. The British installed "a commercial representation" in Lhasa. The Chinese evacuated Dalai Lama to the Qinghai plateau where he hade limited rights of move, probably for preventing him from having contacts with the British occupants.

    The Finnish national hero, Marshal Mannerheim, visited him there in 1907 during his famous horseback trip through central Asia. He was then a colonel in the Tsar Russian army and his trip was in reality a spy trip. Therefore the 13th Dalai Lama was interesting.

    The power of Dalai Lama was weakened. In 1950 the PLA marched in to Tibet without war. The 14th Dalai Lama seems at the beginning to have accepted this just as a security for his power as the theocratic dictator he was. He enlarged and restructured the Norbulingka Summer Palace in a luxury way in 1954.

    The Chinese decided anyhow to finish with the cruel theocratic dictatorship under which the opponents fell down from Potala. The borders where during this dictatorship closed for all foreigners and the only schools where the religious ones. It is well known that it is easier to rule a population with a low education and is ignoring the outside world. In Tibet, about 5% of the population owned everything and the rest literally nothing. About 40% of the Tibetans were monks and nuns living as parasites on the rest of the population that had to feed them. Tibet was not a paradise!

    Now China decided that the Tibetans should have the same rights and place in the society as the rest of the country's population. The monasteries should be emptied from their excessively large monk and nun populations.

    Tibet could earlier be reached only by some horse trails and was for the rest insulated. The Chinese built rapidly a trafficable road. The insulation was broken.

    In 1959, the young Dalai Lama caused a peoples upraising, using the religion as power since he was loosing his own powerful position. The upraising was however stopped, may be in not a too clever and smooth manner. Dalai Lama then left Tibet and his fellow citizens and escaped to India wherefrom he has continued to fight for his come back and reinstall the theocratic dictatorship that China will never allow again.

    Then followed the ten years of Cultural Revolution that was an unhappy time for all China that closed itself to the rest of the world.

    Now Lhasa has a modern airport and a railway. China has invested a lot in Tibet. The standard of living has been raised a lot in Tibet and last Xmas I have seen Tibetans spending sun-holidays on Hainan Island! Very lucky looking old women in traditional dresses walking on the beach with their husbands and the youngsters dressed like other young people enjoying the beach life.

    The possibilities for Dalai Lama to take back his power has diminished and he does not anymore have the population with him. China and India are developing their cooperation and with the closer friendship, India will for sure also not more admit Dalai Lama to disturb this development. His possibilities to act against China will be diminished.

    Therefore he undertook recently an around the world diplomatic travel since he has seen the possibility of harming the now good international image of China and provoking boycotts of the Olympic games in Beijing.

    The Lhasa riots where very well prepared. Curriers where crossing the borders illegally for to see Dalai Lama and get his orders. A group of foreign mountain climbers filmed recently across the border an unlucky incident when one of these curriers got shot and another that crossed the border openly declared that he wanted to go to see the Dalai Lama. I have seen that in television just before I left for China in November.

    China is no longer a closed country. There is no need for illegal border crossings if you are not doing something illegally! You just ask for a passport and take the necessary visas and cross the border at a legal border crossing or better, just take a regular flight from Lhasa to Kathmandu!

    There where no peaceful demonstrations in Lhasa that where brutally knocked down! Young men went to action after a well prepared scenario at many places at the same time so that police and fire brigade should be taken by surprise and unable to act everywhere at the same time. This was successful! People where just knocked down without differences and all what could be broken was broken in the shortest possible time. With Molotov cocktails, fires where lit and fire cars where stopped. 18 normal citizens where killed without feelings and one police. The police had order to not respond with firearms for not being internationally blamed!

    When I have seen the filmed riots in television, my diagnosis was immediately clear. The scenario was the same that I had seen many times of organized riots in France since more the forty years of tight familiar contacts and 21 years of living there. The difference was only that less ordinary people seemed to take part in Lhasa. The rioters where surprisingly few but well organized! China's positive image in the world should be damaged!

    Dalai Lama is acting as the friendly and peaceful father. This is an old trick that also dictators like Hitler and Stalin used. I am not comparing him with them but he is acting like a demon when he tries to take back his power at any cost, not once caring for human lives and against Buddhistic non-violence principles. It was a try to do a coup d'ètat that failed. Now he is asking for international help for to stop the violence that he, himself had planned!

    When I visited Tibet in 2006, I was surprised by the relaxed atmosphere and the few policemen in Lhasa. All that I have seen were Tibetans. Not the Han-Chinese. The atmosphere was remarkably peaceful and gave a picture of general well living. There was no oppressed feeling like I had seen so many times in the Soviet Union and its satellites before all that non-human system collapsed. People in Lhasa where friendly and wanted to speak to me, mostly without success since I do not speak Chinese nor Tibetan but up and then somebody could speak some words in English. Their wish for contact was just out of normal curiosity towards the foreigners.

    I had heard that the religious life should been oppressed but it was flowering! I had also heard that so many Han Chinese where moved in that the Tibetans where now very few in Lhasa. I did however see much more Tibetans there. May be that the Han Chinese where hiding?

    The western medias announced that China had cut all information and that articles about the riots could not be sent out! I got mad about all the apparently incorrect information and wrote this article and two other similar ones although I am not a journalist but just because I could not stand all the bad things about China that was told. I sent them by e-mail without problems and they arrived well but two newspapers did neither respond neither publish what I had written. The third answered and wanted a shorter version that was published many days later as a normal "readers voice". What Dalai Lama had said was largely published every day together with a real anti-China propaganda. What I had written was apparently too China friendly for the "free press".

文章引用自:
4月1日

For the western

What do you know about China? The reports are distorted by western journalist:

     http://www.anti-cnn.com/

Do you really want the Tibet to go back the villein regime, which was before 1959 and Dalai Lama and his nobles owned all the riches and the Tibetan as his slaves? Do you really think Dalai Lama is kind? He worked with the Chinese government and then he stopped working with, because the communist annulled the regime.  Have you asked all the Tibetans if they want to live before?

 

I think, the world will be smaller and smaller, and the earth will come to be one country in the future. We chose, choose, and will always choose the better life. The type of life that Dalai Lama won't be better than now. Every Tibetan lives better now then the past and even better in the future.

 

As the development of economy, the regime is changing for better. I have never think that i haven’t gotten the human right. I am fine and happy in my life, and that is all. People vote for their mayor and representative and in soon maybe will vote for our own president. System of welfare is set down. There are more and more good evolutions. I am very optimistic for the future. I don't like war as every Chinese people and i wish that Tibet will be calm and happy.

 

For who is anti-chinese goods: it is capitalist international who win the profit but not Chinese. We work for nothing and we still think we will change our life by our hands. For you, more purchasing power.

 

For who call for human right in China, if you are environmentalist, think about that if there are no control of the explosive population, there will be less source for living, and more pollution. Moreover, we may have two and even three babies according to the new law.

 

For who don't know china, will you open you mind and understand the Chinese and Chinese culture. It is a country who affected more by the moral than by law who need to change and is changing in a lot of fields. We are friendly and modest, and we call for peace forever and forever!

3月14日

什么时候可以找到

累,等待,努力地写。
什么时候才可以找到我要的东西呢?
什么时候才可以体现我的价值呢?
 
不想苟且偷生,
需要一个接纳我的地方。
 
 
11月29日

漫无目的地有游走在网络之中

每一个昏暗的下午,
陶醉地在奔放忧伤的音乐之中,
漫无目的地有游走在网络之中,BIARRITZ. LE PORT DES PECHEURS
看着别人的个人心得,
感受不为人所知的故事,
心中升华出一种有梦想的愿望。
 
在今年地一场雪之前实现!
10月16日

累,头疼,考试,毫无头绪!

累,头疼,考试,毫无头绪!我的关键词。
懒得不能再懒了,
实习还没有去找,
考试却来危险我的生命了。
marketing et marketing!!!
刚刚开始学习,
什么都还不懂的时候,
从的考验又来了。
 
从来都不知道自己是如此的讨厌考试,
但是,所幸今天终于明白了。
要成功是要付出代价的,
不知道是谁的话,
总是感觉很多的道理。
而自己知道,却又还是懒得无法无天!
 
法国人对于懒有一个很好的解释,
因为懒得去动什么,所以才有时间来思考。
于是他们自豪地说,
法国人很有创意。
 
但是俺中国人也,
想是想创意,
但是得先生活,
肚子饿就要昏阙,
哪来的闲情啊!
 
想了这样多,到了最后还是没有办法想出怎么个考试名堂来。
还是看看美女照片,
让双眼充满颜色先。
至少也享受那些创造者的成果吧!
 
反正哪天也不会记得今天这样一个秋天傍晚的牢骚!
 
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9月12日

无聊之极

考完试,都不知道要做什么了。松懈下来还真不喜欢。但是又有很多事前被延误的事情没有做过。现在都没有办法让自己想起来了。可能要打电话给某一些朋友。但是都到了这个关头了。又因为有太多的事情要做了。还是没有办法决定选择哪一件先。懒人懒到我这个地步,真叫绝啊。所以我的无聊也叫之极型的。在网络上串来串去,都不知道到哪里好着。沉思!!! 
7月3日

无穷无尽

爱情那是一个遥远的名词吗?
曾经有那么多人对你投降了。
爱情,请别用你的甜美,
来宣扬你的无情,
爱情,请别用你的无知,
来取代你的伤害!
爱情,请别用你的无奈,
来降伏你的野怪!
 
爱情,即使你来了,
我也无所谓你的忏悔!
因为,我知道,
你是最缺德的无赖,
你用你的美貌,
来取代你的心灵,
你用你的心灵,
来取代你的灵魂,
而你的灵魂,
却是魔鬼的期待。
 
我呵斥你,
爱情!
不是我没有你,
而是我不稀罕你,
我要用我米氏的神职,
来彻彻底底地击败你!
摧毁你魔鬼的本性,
唤醒那些懵懂的人们,
来反抗你!
 
我,要用我无穷无尽的力量,
来囚禁你,
将你关在绝对黑暗的梦境里面!
 
 
                 ----米田日记
 

久别的回味

那是很久以前的遥远的故事了。
久久的,还有点记忆的色彩。
悄悄地,把自己埋入梦里的故乡。
曾经纯真率直,
曾经至美至善,
一转头,
尽是泪痕茫茫。
 
久别的回忆,
那种摩挲的温馨,
不语浪漫,
不语情爱,
于我,全是最纯最真的爱!
来自父母亲的,
来自兄妹姐弟间的,
来自亲朋好友内的,
还有我甜美的天堂!
 
我想留,那些久别的回味。
我想要,飞到那个我久别的星球。
回到我熟悉又陌生的世界。
告别地球上的无奈,无情和绝望!
我最亲爱的米氏家族!
请等待着我,
回土的一日!
即使是上万年,
都一定要等待我和你们的那声问候。
 
亲爱的米云哥哥,
亲爱的小雀姐姐,
亲爱的米兰月特尊王,
亲爱的米兰月特尊妃,
亲爱的拉特睿,
亲爱的那别斯特,
在银河系的那岸,
还时常给我温暖的光环!
请别忘记了我,
请别忘记了我!
 
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